Dans La Reine du Labyrinthe, Camille Pascal nous embarque dans une aventure haletante qui nous entraîne au cœur de l’une des affaires les plus retentissantes de l’histoire française : l’affaire du collier. Au cœur du tumulte pré-révolutionnaire surgit une aventurière de haut vol : Jeanne de La Motte-Valois, descendante ruinée mais rusée des rois de France, prête à tout pour retrouver son rang. Manipulatrice de génie, elle tisse une toile d’illusions et d’escroqueries qui va ébranler la cour de Versailles et les fondements de la monarchie.

Dès les premières pages, le style très enlevé et romanesque de Camille Pascal happe le lecteur. Loin de se contenter de raconter une histoire fascinante, celui qui fut la plume de Nicolas Sarkozy brode et entremêle habilement faits historiques et fiction. Suivant le fil de cette intrigue devenue légende, il invite à pénétrer les salons de l’aristocratie parisienne, les abords sulfureux du Palais-Royal, les jardins de Versailles et les alcôves où les amants complotent et où les crédules se laissent berner d’illusions.
Une plume romanesque
Page après page, la tension monte, refermant sur les différents protagonistes un piège dont personne ne sortira indemne. Passions, orgueil et trahisons sont le sel de ce roman très documenté, véritable fresque de capes, de masques et de diamants. Si l’issue fatale est connue, le chemin qu’emprunte Camille Pascal pour y parvenir est riche d’anecdotes et de points de vue contrastés, laissant entrevoir que le destin des uns et des autres s’est davantage joué sur des intrigues que sur une analyse factuelle des faits.
Dans une langue érudite et vivante, les différents personnages prennent corps. Jeanne, troublante et insaisissable, oscille entre victime de son époque et stratège redoutable. Le cardinal de Rohan, véritable dindon de la farce, naïf et crédule, s’englue dans la toge pourpre de sa fatuité arrogante. Quant à Marie-Antoinette, reléguée au second plan et montrée sous ses atours les moins glorieux, elle voit son destin se jouer sans pouvoir rien y faire.
L’histoire au service du roman
Avec une précision d’orfèvre et quelques libertés propres à la fiction, l’auteur restitue l’effervescence d’un monde en train de vaciller, entre faste éclatant et menaces sourdes. Chaque dialogue claque, chaque description nous ancre dans une époque où le paraître est roi et où le moindre faux pas peut être fatal.
Avec La Reine du Labyrinthe, Camille Pascal tient son lectorat en haleine, rappelle que, parfois, l’Histoire dépasse de loin la fiction.
Olivier Frégaville-Gratian d’Amore
La Reine de labyrinthe de Camille Pascal
Paru le 29 août 2024
Éditions Robert Laffont
432 pages
prix conseillé – 22,50 euros.